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L’eau de la SONEB est-elle toxique à Parakou? (deuxième partie)
Écrit par Gaston Yamaro   
Mercredi, 07 Septembre 2011 07:16

Boire l’eau du robinet à Parakou n’est pas un simple geste. On réfléchit d’abord. En interrogeant 50 personnes prises au hasard à Parakou, plus de 35 considèrent l’eau de la Soneb comme un pis aller. Et même 07 affirment ne pas la boire du tout. Le point de départ de cette disgrâce continue entre la Soneb et ses clients consommateurs a culminé en 2008 où une teinte rougeâtre envahit les robinets avec des particules se déposant au fond des verres. Gaston YAMARO déclenche une enquête qui reçoit en 2010 le soutien financier de l’Association danoise du journalisme d’enquête, et ensuite le premier prix d'enquête journalistique décerné par les organisations des médias du Bénin en collaboration avec la coopération danoise. Cliquez ici pour lire la première partie

RobinetSur le barrage de l’Okpara, l’eau s’étend à perte de vue. Une eau calme en apparence, qui n’est pourtant pas à l’abri de menaces. Beaucoup de problèmes entament la crédibilité de l’eau au bout des robinets dans la ville de Parakou.

Pour le constat général fait par les spécialistes en matière de gestion intégrée des ressources en eau, les eaux de surface, comme celle de l’Okpara garantissent rarement une potabilité stable et totale dans le circuit de l’eau courante. AGANI Saliou est le point focal pour le Partenariat National de l’Eau à Parakou et pour lui, la qualité de l’eau de la Soneb n’est qu’acceptable.  Du 12 au 15 mai 2008, en effet, le Partenariat National pour l’eau a effectué une mission sur le barrage. Et son rapport n’est pas non plus rassurant. Parmi les menaces qualifiées de graves dans ce rapport, figure entre autres la pollution des eaux par les boue de tous genres, les pesticides et autres produits chimiques résultant de l’usage des intrants agricoles tout autour du barrage. Par ailleurs, le barrage sur le fleuve Okpara n’était pas conçu au départ pour servir de source de pompage d’eau. C’était juste une retenue d’irrigation héritée de la défunte société nationale de kénaf réadaptée en 1975 pour l’alimentation en eau potable.

L’exposition du barrage à cette pollution n’est pas méconnue à la SONEB qui, d’après OUMBOUKE Blaise, chef secteur de la station de pompage, recherche des solutions au quotidien pour préserver le barrage.

Le technicien chargé d’achever le traitement arrive à la station de pompage. ATCHEKPE Damase vient effectuer ses prélèvements quotidiens et prend des mesures que nous ne pouvons interpréter en profane. Nous le suivons jusqu’à la station de Banikanni où l’eau reçoit son dernier traitement, le temps de lui demander quelques explications. A propos du dosage du chlore. Selon lui, l’OMS, pour le traitement des eaux de surface, autorise jusqu’à 0,5mg par litre, voire 0,6mg par litre en période critique. Le Docteur Raphiou BAGUIDI ne tolère pas l’approximation dans le dosage du chlore. « C’est 0,5 mg ou rien, si c’est supérieur ou inférieur à cette teneur, vous n’êtes en train de rien faire ; le dosage qu’il faut pour que le chlore pénètre et détruise les microbes, c’est strictement 0,5mg par litre », martèle-t-il.

Au service de l’hygiène et de l’assainissement, les actions sont plutôt dirigées vers l’eau des forages. On n’est pas vraiment préoccupé par la qualité de l’eau de la Soneb. Nous nous tournons alors vers des techniciens indépendants. Le laboratoire Impetus basé à Parakou est aussi spécialisé dans l’analyse des eaux en milieu rural. Il a de temps en temps effectué des prélèvements de l’eau de la SONEB, mais il ne faudrait pas aller trop vite en besogne. L’aspect physico chimique de l’analyse doit être déterminant, selon Mazou Farouck, analyste biochimiste au laboratoire impétus. Tant que l’étude n’est pas commanditée en bonne et due forme par une structure administrative officielle, le laboratoire impetus se réserve de fournir des informations compromettantes.

La Soneb serait-elle donc "la grande intouchable" à Parakou ?

En avril 2008, en partenariat avec l’ONG DECAM BETHESDA, le même laboratoire a réalisé une étude à Malanville. Il y a été découvert un taux trop élevé du nitrate dans l’eau fournie par la Soneb, soit trois à quatre fois supérieur au taux de 50mg par litre admis par l’OMS. La direction régionale de la SONEB qui couvre jusqu’à Malanville ne dément pas cette étude. Et des dispositions sont en train d’être prises pour déplacer le site de captage de l’eau à 5 kilomètres à l’entrée de Malanville. Et d’après le technicien, ce fort taux ne serait pas surprenant, parce que Malanville « est une zone de bas-fond ».   Il rassure que dans les eaux de Parakou, la teneur du nitrate est inférieure à 10mg par litre.

Au-delà de 50mg par litre, le nitrate est dangereux pour les enfants de 0 à 5 ans qui peuvent mourir d’asphyxie, bien que respirant normalement. Le nitrate au contact de certaines enzymes se transforme en nitrite qui se fixe sur l’hémoglobine, empêchent les cellules de se charger de l’oxygène utile à l’organisme. C’est une maladie connue sous le nom de « syndrome du bébé bleu » ou encore la méthémoglobinémie.

Nous allons investiguer à malanville. Le représentant de l’ONG DECAM BETHESDA nous reçoit. Nous avons accès aux résultats de l’étude, mais juste pour une consultation sur place. A la page 7 du rapport, il est mentionné que « du point de vue chimique, la quasi-totalité des sources analysées présentent un taux très élevé en Nitrates et une source contient un taux élevé en ammonium, soit 8 fois le taux recommandé par l’OMS.

Cette situation serait probablement due :

-          au caractère sédimentaire très meuble du sol

-          à la faible profondeur de la nappe phréatique

-          aux inondations fréquentes.

Ceci favorise l’infiltration du contenu des latrines, des dépotoirs et des parcs d’élevage ».

Le tableau récapitulatif de l’étude montre qu’il s’agit tout aussi bien de l’eau de la SONEB.

Fort de cette certitude, nous nous rendons à l’hôpital de Malanville. Nous sommes à la pédiatrie, mais c’est le paradoxe total. Le chef service de la pédiatrie affirme n’avoir jamais détecté le moindre cas du syndrome du bébé bleu. Sans le dire au micro, il explique que cela est certainement dû au faible taux de fréquentation des hôpitaux par les nourrices. L’étude est pourtant catégorique, l’eau de Malanville contient plus de 300 mg de nitrate par litre. Notre séjour à malanville révèle que le syndrome du bébé bleu est bien méconnu. La plupart des familles que nous avons interrogées et suivies pendant deux semaines, nous décrivent plutôt des crises de convulsion, bien différentes.

La logique est bousculée et les hypothèses semblent se réfuter.

 

 

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