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Patrice TalonBrandi entre-temps comme une épouvante par ses conseils et par les médias acquis à sa cause, le procès de Patrice Talon contre l’Etat béninois pour enlèvement crapuleux d’engrais n’a finalement pas eu lieu. Et il n’aura pas lieu car l’homme tire de cette affaire un profit inespéré qui fait de lui le vainqueur du bras-de-fer.

Le gouvernement du président Yayi Boni a gagné une bataille en évinçant Patrice Talon de la distribution des intrants agricoles. Le point d’orgue de cette mise à l’écart a été donné par le conseil des ministres du 27 juin dernier, qui mettait en garde les paysans contre toute incitation à utiliser l'engrais provenant de sources autres que gouvernementales.

Patron de l’Association interprofessionnelle du coton (AIC), Patrice Talon avait quasiment acquis le monopole de l’importation et de la vente des intrants aux producteurs de coton sur toute l’étendue du territoire. Ces intrants, fortement subventionnés par l’Etat, faisaient les choux gras de l’AIC. Les investigations menées par des structures assermentées ont révélé d’une part que la fraude au cordon douanier était fréquente et de l’autre, que la qualité des produits distribués aux paysans n’était pas des plus recommandables. Par ailleurs, alors qu’ils devraient être présents lors de la pesée de leur coton, les producteurs étaient tenus à l’écart de cette étape cruciale, ce qui permettait à l’AIC de déclarer des tonnages fantaisistes.

Sur le terrain, la mise à l’écart de Patrice Talon se traduit par une augmentation annoncée des surfaces emblavées. Selon les prévisions gouvernementales, 350 000 hectares de coton sont attendus à la fin de la saison, contre 174 023 hectares pour la saison précédente.

Ce rebondissement devra sans aucun doute relancer les activités des usines d’égrenage, fortement mises à mal par la contre-performance des années précédentes. Ces usines, installées à coup de milliards de francs CFA, étaient, pour certaines, menacées de fermeture, ne recevant plus les quantités nécessaires pour justifier la poursuite des activités. Lorsqu’on sait que l’activité d’égrenage est plus profitable que la distribution des intrants et la production du coton, l’on peut bien comprendre que les propriétaires de ces usines commencent à se frotter les mains.

Mais alors, qui sont ces propriétaires? Le plus important de ceux-ci est bien sûr… Patrice Talon. A lui seul, cet homme d'affaire possède 15 usines d'égrenage parmi la vingtaine implantées au Bénin.  En somme, le président Yayi Boni a écarté Patrice Talon pour finalement lui remettre l’essentiel de la production cotonnière qui est plus qu'une mine d'or et qui vaut bien plus que la vente d'engrais. Dans ces conditions, il est aisé de comprendre pourquoi le duel n'a pas eu lieu devant la Justice. A la fin de la saison, il ne serait pas surprenant que les deux hommes se retrouvent pour un verre d'amitié.


Coton: Patrice Talon, grand vainqueur du duel avec l'Etat
 

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