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Entretien avec Marie-Richard Magnidet, Président de l’ODEM
Jeudi, 01 Novembre 2012 11:57

Magnidet«Nous avons mis un accent particulier sur la formation des professionnels des médias»

Le 28 Octobre 2012, le mandat de la cinquième mandature de l’Observatoire de la Déontologie et de l’Ethique dans les Médias (ODEM) arrivera à terme.  L’Assemblée Spéciale des Unions professionnelles des médias  en ses sessions d’octobre 2012 a étudié le rapport de fin de mission. Elle lui a donné un satisfecit. Pour en savoir davantage, « EDITORIAL », l’hebdomadaire des chroniqueurs du Bénin a  sollicité et obtenu un entretien avec le Président de l’ODEM dans  les bureaux de l’institution d’autorégulation à l’Immeuble Tall  à Sègbeya, dans le deuxième arrondissement de Cotonou.  La voix basse,  la poignée de main chaleureuse, le Directeur Général de la « Presse du Jour »  qui s’est mis en réserve de son journal pendant sa mandature évoque la réforme de l’ODEM, la co-régulation avec la Haute Autorité de l’Audiovisuelle et de la Communication (Haac). Il ne répugne pas à évoquer sa succession  et  en dresse un portrait robot : « journaliste de grande notoriété, professionnellement irréprochable  dont la rigueur et le charisme peuvent  contribuer à inscrire durablement le tribunal des pairs dans l’Histoire ».

Vous aviez été très sévère en ce qui concerne le respect de la déontologie avec plus de trois cent décisions rendues en trois ans de mandature. L’êtes-vous autant à quelques jours de la fin de votre départ de l’Immeuble Tall ?

La mandature que j’ai présidée de 2009 à 2012  a été animée par gents (hommes et femme) de grandes valeurs professionnelles. L’enjeu du suivi déontologique ne saurait être appréhendé en termes de sévérité ou de mansuétude. Le métier pour lequel nous tirons l’essentiel de nos revenus a des règles, des principes, des droits mais aussi des devoirs. Notre institution a été créée pour être un observatoire de la déontologie et de l’éthique. Nous disposons, à cet effet, d’un code de déontologie qui constitue notre bréviaire. Toutes les décisions que nous avions rendues, sont prises collégialement et au regard des prescriptions de notre code de déontologie. Toute fonction de régulation est généralement perçue comme un acte de sévérité alors qu’en réalité nous prévenons les mis en cause du pire, c’est-à-dire une éventuelle condamnation par des juridictions constitutionnelles.

On dit souvent que l’information, l’éducation et la communication précèdent la répression, votre mandature s’est-elle inscrite dans cette vision ?

Sans doute. Nous avons mis un accent particulier sur la formation des professionnels                des médias. Nous avons organisé des tournées des membres de l’Odem dans des rédactions tant à Cotonou qu’ailleurs dans les localités de l’intérieur dominées par des radiodiffusions sonores (commerciales, confessionnelles, communautaires et associatives).  Des médiations entre professionnels des médias et certains plaignants ainsi que des auditions de responsables de médias ont été initiées pour régler par ailleurs certains cas de manquement aux normes déontologiques.  Il y a eu et j’en aurai fini, l’édition d’ouvrages dans le but d’informer, de sensibiliser et d’attirer l’attention des professionnels des médias  sur les règles régissant la collecte , le traitement et la diffusion de l’information en matière de presse au Bénin.  Ces formations ont été rendues possibles grâce à des organismes et institutions que je voudrais remercier, au nom de toute mon équipe. Il s’agit du gouvernement béninois à travers l’aide de l’Etat à la presse privée, du Royaume du Danemark à travers PADEG-DANIDA, la Fondation Friedrich Ebert, l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).

Pouvez-vous illustrez vos assertions ?

Bien  sûr que oui.  Au titre des formations, je puis citer : Séminaire de formation à l’intention des journalistes accrédités au Parlement sur les dispositions du code de déontologie (Décembre 2012 0 Grand –Popo).  Formation sur l’incompatibilité des fonctions d’attaché de presse et de journaliste (Février 2010 à Parakou). Les actes dudit séminaire ont servi à rédiger le « Guide de l’attaché de presse ».  Renforcement des capacités  professionnelles des animateurs et autres chroniqueurs en langues locales sur les radiodiffusions sonores émettant sur toute l’étendue du territoire national. (Parakou, Bohicon, Avril 2010). Retraite d’appropriation des textes fondamentaux de l’ODEM  par ses membres et ses correspondants régionaux (Bohicon, Mai 2010).  Séminaire d’échanges entre professionnels des médias  et forces de défense et de sécurité (Grand-Popo, Avril 2011).  Séminaire de formation des professionnels des médias sur la problématique des exigences commerciales face à l’application du code de déontologie (Bohicon, juin 2011).  Atelier de formation de la presse universitaire sur les dispositions du code de déontologie (Cotonou, juillet 2011).  Atelier de formation des graphistes, photojournalistes  et dessinateurs de presse sur les dispositions du code de déontologie (Bohicon, Août 2011 ; Lokossa, juin 2012).  Séminaire d’évaluation  de l’autorégulation et définition des contours de la co-régulation entre la Haac et l’Odem. (Grand-Popo, juin 2012). Atelier de formation des journalistes culturels sur le code de déontologie (Grand-Popo, Août, Septembre 2012). Vous réclamez aussi des preuves de médiation.  Je vous en donne quelques unes : Médiation entre le journal Djakpata et le secrétaire  général de la préfecture  de l’Ouémé.  Médiation entre Charles Da Cruz du journal « La Réplique »  et la SBEE. Médiation entre des journalistes de la radio GERDDES Afrique et le promoteur des « Résidences du 3ième millénaire ».  Médiation entre Félix Sohoundé Pépéripé , promoteur du quotidien « Le Confrère de la Matinée » et Distel Amoussou, promoteur du journal « Panorama ». Médiation entre le quotidien le Matin et le Ministre Alpha Orou Sidi. Médiation entre le journal « L’Autre Fraternité » et la société de gardiennage « Intercon ». Médiation entre le quotidien « La Pyramide » et Radio Univers.

Votre  mandature a expérimenté de façon informelle ce qu’il convient de nommer, la « co-régulation ». Qu’en est-il exactement ?

L’atelier de Grand-Popo  de juin 2012  a débouché sur un projet de nouveaux textes devant régir le nouvel ODEM.  Une proposition de texte a été aussi formulée à l’issue d’une étude conduite par deux éminents journalistes ayant pratiqué par le passé l’autorégulation. Vous avez raison de parler de corégulation informelle. Il fallait l’expérimenter. Les fruits de cette collaboration nous indiquent d’entrer dans le formel c’est-à-dire la légalité.  C’est un des défis de la nouvelle mandature qui nous succèdera bientôt. La corégulation permet d’éviter une double comparution, une double peine. Elle constitue un moyen  pour l’Odem de continuer d’apporter un éclairage  du tribunal des pairs au sein de l’autre instance, la Haac dont je voudrais rappeler qu’elle est une institution constitutionnelle. La co-régulation relève l’ODEM et incite les professionnels à se réconcilier davantage avec la déontologie des inconvénients qu’il y a à se mettre en marge des dispositions légales réglementaires.

Préparez-vous  votre succession ? Qui est votre poulain ?

[Il croise les bras et regarde le plafond] Je n’ai pas de poulain. La procédure comme à l’accoutumée sera démocratique. Il y a un regain d’intérêt à siéger au sein de l’ODEM. Ce peut-être  une preuve de vitalité. Je m’en réjouis si l’intérêt de cet engouement est soutenu par une volonté de suivi déontologique. Vous êtes d’accord avec moi que nous sommes à la croisée des chemins.  Je voudrais tout simplement dire que je souhaite que le prochain Président de l’Odem soit un  journaliste de grande notoriété, professionnellement irréprochable  dont la rigueur et le charisme peuvent  contribuer à inscrire durablement le tribunal des pairs dans l’Histoire.

Que ferez-vous  après l’ODEM ?

Je suis journaliste. Je n’ai plus un autre métier. Je tire l’essentiel de mes revenus de cette profession-là. Je retournerai à la Presse du Jour. Je prendrai à nouveau place dans le Desk Politique. Très volontiers, je recevrai les instructions du Chef Desk Politique que j’appliquerai à la lettre. Toutefois, je  reste disponible pour tout ce qui a une dimension déontologique et se situe au confluent de la régulation des médias et de la communication. Qu’il s’agisse d’institutions nationales  ou internationales. J’examinerai les propositions le moment venu. Aujourd’hui, vous y pensez plus que moi !

Pour terminer, un mot pour définir vos prédécesseurs…

Jérôme Adjakou BADOU, Premier Président de l’ODEM?

Intelligent, travailleur  et intègre, Paix à son âme, nous l’avons surnommé l’ayatollah de son vivant

Edouard LOKO, Deuxième Président de l’ODEM ?

Intelligent, Sympathique, très sympathique.

François AWOUDO, Troisième Président de l’ODEM ?

Intelligent, vif et très disponible

Michel TCHANOU, Quatrième Président de l’ODEM ?

Intelligent Rassembleur, Enthousiaste.

Marie-Richard MAGNIDET, Cinquième Président de l’ODEM ?

[ Il observe un long  silence]   Je ne peux  pas me définir !

Réalisation : Herbert Houngnibo


Entretien avec Marie-Richard Magnidet, Président de l’ODEM
 

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