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La France maintient Macron à l’Élysée lors d’une élection qui porte l’extrême droite à de nouveaux sommets.

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Emmanuel Macron, président de la France, célèbre sa victoire électorale.

Emmanuel Macron, président de la France, célèbre sa victoire électorale. – Thomas Coex/AFP/dpa

Suivez en direct le second tour des élections françaises.

Le président s’engage à répondre à la « colère » qui se cache derrière le vote en faveur de son rival.

La leader du Rassemblement national célèbre son résultat « historique » et vise déjà les élections parlementaires

PARIS, 24 avr. (Bénin Actu) –

Le président de la France, Emmanuel Macron, a rempli les prédictions et a remporté le second tour des élections présidentielles, mais il l’a fait avec des niveaux d’abstention inédits depuis 1969 et contre une rivale, Marine Le Pen, qui a porté l’extrême droite au-dessus de 40 % pour la première fois.

Le face-à-face entre les deux était une répétition de la confrontation de 2017. À l’époque, Macron avait remporté les deux tiers des voix et cette fois, il est passé sous la barre des 60 %, les projections faisant état d’un écart de quelque 17 points sur son rival direct.

Le président est apparu devant ses partisans sur le Champ de Mars, devant la Tour Eiffel, pour confirmer qu’il est prêt à être « le président de tous », avec des messages spécifiques à ceux qui se sont abstenus et aussi à ceux qui ont soutenu Le Pen. Il a ainsi assumé qu’il devait réagir aux « colères et désaccords » qui ont conduit des millions de Français à opter pour le Rassemblement national.

Macron, qui pendant son discours a apaisé les huées de son rival, a largement profité du vote anti-Le Pen et a reconnu que de nombreux Français l’ont soutenu dans le seul but de « bloquer » l’extrême-droite et de l’empêcher de culminer sa tendance à la hausse en atteignant l’Élysée.

Mme Le Pen est apparue plus tôt, quelques minutes seulement après que les premières projections de vote ont été rendues publiques, avec un discours qui, loin de paraître défaitiste, a envoyé des messages d' »espoir ». Elle a promis d’être un « contre-pouvoir fort » face à Macron, la « véritable opposition » dans un scénario marqué par la perte du soutien des partis traditionnels.

« Je n’abandonnerai jamais les Français », a proclamé la dirigeante d’extrême droite, qui voit un « espoir » dans les résultats avec lesquels elle voulait attirer l’attention des dirigeants français et européens. En ce sens, elle espère qu’il y aura bientôt « un grand changement ».

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Le changement que Le Pen espère viendra avec les élections législatives des 12 et 19 juin, car « le parti n’est pas fini ». « Nous savons qu’aucun patriote ne peut accepter que Macron soit présent de manière destructrice », a-t-elle déclaré, avec un message dans lequel elle appelle à des alliances.

Le gauchiste Jean-Luc Mélenchon, troisième candidat le plus voté au premier tour, a également le regard tourné vers ces élections législatives. Le leader de la France Insoumise a estimé que la défaite de Le Pen était une « bonne nouvelle », mais il a aussi affirmé dans le même temps que Macron « est le président le plus mal élu de la Vème République », avec un « océan » d’abstentions et de votes blancs.

L’abstention a dépassé 28 %, soit environ deux points de plus qu’au premier tour, dans un contexte apparent de désaffection alors qu’il s’agissait du défi le plus clair de l’extrême droite pour franchir une étape sans précédent dans l’histoire de la France.

La candidate des Républicains à la présidence française au premier tour, Valérie Pécresse, a reconnu que le résultat de Le Pen est « sans précédent » et témoigne de « fractures ». La maire de Paris, Anne Hidalgo, candidate du Parti socialiste dans ce processus, a partagé cette analyse, sachant que « l’extrême droite n’a jamais été aussi proche du pouvoir ».

De son côté, le leader de l’extrême droite française Éric Zemmour, seul candidat à la présidentielle à avoir appelé à voter pour Le Pen au second tour, a réagi avec « déception » et « tristesse » aux résultats, mais n’a pas manqué l’occasion de commencer sa campagne pour les élections législatives.

« C’est la huitième fois que la défaite porte le nom des Le Pen », a-t-il dit, faisant allusion à Marine et à son père, Jean-Marie, fondateur du Front national.

La victoire de Macron fait de lui le premier président à être réélu en France depuis 2002, date à laquelle Jacques Chirac avait été réélu. Il entamera son deuxième mandat à l’âge de 44 ans, avec le défi de consolider les politiques et de tenir ses promesses électorales, notamment la réduction de la dépendance énergétique étrangère et le relèvement de l’âge de la retraite.

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En regardant en arrière, il a rappelé les moments « douloureux » et « difficiles » de cinq années de « transformation » et, se tournant vers l’avenir, il a voulu préciser que cette nouvelle étape ne sera pas simplement une « continuité ».

« Nous avons beaucoup à faire. La guerre en Ukraine est là pour nous rappeler que nous traversons des moments tragiques dans lesquels la France doit montrer la clarté de sa voix et développer sa force dans tous les domaines », a-t-il souligné.

SECOURS EN EUROPE

L’élection présidentielle française a également eu un écho en dehors de ses frontières, comme en témoigne la réaction rapide des grands dirigeants internationaux — notamment en Europe — qui se sont empressés de féliciter M. Macron peu après que les premières estimations du vote aient été connues.

« En cette période de turbulences, nous avons besoin d’une Europe forte et d’une France pleinement engagée en faveur d’une Union européenne plus souveraine et plus stratégique. Nous pouvons compter sur la France pour cinq années supplémentaires », a souligné le président du Conseil européen, Charles Michel, l’un des premiers à s’exprimer publiquement.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a également félicité M. Macron sur les médias sociaux : « Je me réjouis de poursuivre notre excellente coopération. Ensemble, nous ferons avancer la France et l’Europe ».

Pour le principal allié de Macron dans le projet européen, le chancelier allemand Olaf Scholz, la victoire du « cher président Emmanuel Macron » confirme le « fort engagement » des électeurs français envers l’Europe. « Je suis heureux que nous puissions poursuivre notre bonne coopération », a-t-il tweeté.

M. Scholz avait appelé à voter pour M. Macron dans un article également signé par le Premier ministre portugais António Costa et le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, qui se sont également réjouis des résultats des élections françaises. « La démocratie gagne. L’Europe gagne », a déclaré M. Sánchez sur Twitter.

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