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Le décès de Protais Mpiranya, l’un des principaux fugitifs accusés du génocide rwandais, est confirmé.

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PARIS, 13 mai (Bénin Actu) –

Le mécanisme résiduel des tribunaux pénaux internationaux (IRMCT) a confirmé le décès en 2006 de Protais Mpiranya, l’un des principaux fugitifs inculpés pour son rôle dans le génocide au Rwanda en 1994, alors qu’il était chef de la garde présidentielle rwandaise.

« Le Bureau du Procureur de l’IRMCT confirme le décès de Protais Mpiranya, le dernier des principaux fugitifs inculpés par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) et qui aurait été un dirigeant important pendant le génocide de 1994 contre les Tutsi au Rwanda », a déclaré l’organe.

Elle a déclaré que les enquêtes montrent que Mpiranya est décédé le 5 octobre 2006 dans la capitale zimbabwéenne, Harare, et a rappelé qu’il a fui au Zimbabwe après son inculpation en 2002. « La présence de Mpiranya au Zimbabwe et sa mort ont été délibérément dissimulées grâce aux efforts de sa famille et de ses associés », a-t-il déclaré.

L’agence a déclaré que l’accusation « enverra une motion aux juges de l’IRMCR pour clore formellement l’affaire contre Mpiranya », tout en soulignant que « seuls cinq fugitifs restent désormais sous la juridiction de l’IRMCT ».

Le procureur général de l’IRMCT, Serge Brammertz, a souligné que la confirmation de la mort du fugitif « est une étape importante dans les efforts continus pour rendre justice aux victimes du génocide de 1994 contre les Tutsis ».

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« Pour les victimes de ces crimes, Mpiranya était une figure redoutée et bien connue, un chef de la Garde présidentielle pendant le génocide et, plus tard, un commandant important des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) », a-t-il expliqué.

Les FDLR, composées de Hutus – dont beaucoup ont participé au génocide – ont été créées en 2000 et opèrent principalement dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), où elles sont à l’origine de centaines d’attaques contre des civils et des membres des forces de sécurité.

« La confirmation de sa mort apporte le soulagement de savoir qu’il ne peut plus faire de mal », a déclaré M. Brammertz, qui a souligné que son bureau « continue de rechercher les fugitifs et de progresser dans les affaires en cours, comme le procès de Félicien Kabuga ». Kabuga, considéré comme le principal financier du génocide, a été arrêté en 2020 à Paris et transféré à La Haye.

Enfin, M. Brammertz a remercié « tous les partenaires dont les contributions ont été essentielles », notamment les gouvernements de l’Espagne, du Rwanda, de la Belgique, de la France, des Pays-Bas, du Royaume-Uni, des États-Unis et du Zimbabwe.

Mpiranya a été accusé de génocide, de complicité de génocide, de crimes contre l’humanité — meurtre, extermination, viol, persécution et autres actes inhumains — et de violations de l’article 3 de la Convention de Genève, selon le dossier publié sur le site Web de l’IRMCT.

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Elle note que l’homme était responsable de l’ordre d’assassiner ou de causer des lésions corporelles graves à des personnes identifiées comme étant des Tutsis, y compris l’assassinat du premier ministre du gouvernement de transition, Agathe Uwilingiyimana, du président de la Cour constitutionnelle, Joseph Kavarugand, et des ministres de l’agriculture et de l’information, Frédérique Nzamurambaho et Faustin Rucogoza.

Le tribunal a également tenu Mpiranya « responsable du meurtre par les forces de défense rwandaises de dix « casques bleus » belges à Kigali ». Enfin, elle a constaté que pendant cette période, il y a eu « des attaques généralisées et systématiques au Rwanda contre la population civile sur la base de l’identification ethnique et pour des raisons politiques ».

Quelque 800 000 Rwandais, dont une grande majorité de Tutsis et de Hutus modérés, ont été tués par des extrémistes hutus sur une période d’environ trois mois en 1994. Aujourd’hui encore, des fosses communes sont découvertes, d’autant plus que des condamnés ayant purgé leur peine ont fourni des informations sur les endroits où ils ont enterré ou abandonné leurs victimes.

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