Accueil L'International Le Front Polisario suspend ses contacts avec le gouvernement espagnol actuel en...

Le Front Polisario suspend ses contacts avec le gouvernement espagnol actuel en raison de son soutien au plan marocain.

75
0

Le Polisario exhorte l’Espagne à cesser d' »instrumentaliser » la question sahraouie et demande le respect du droit international.

Le Front Polisario a annoncé samedi sa décision de suspendre les contacts avec l’actuel gouvernement espagnol concernant son soutien au plan d’autonomie du Maroc pour le Sahara occidental en échange de « compensations et contreparties honteuses ».

C’est ce qu’indique un communiqué du Secrétariat général du Polisario, dans lequel il explique que « compte tenu des mesures concrètes » prises par le gouvernement de Pedro Sánchez et de son soutien au plan d’autonomie marocain, il a décidé de suspendre les contacts avec le gouvernement espagnol.

Le Polisario a averti que le plan d’autonomie marocain vise à « légitimer l’annexion par la force des territoires du Sahara occidental et l’appropriation des droits inaliénables du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance ».

L’organisation dirigée par Brahim Ghali a expliqué que cette décision est un message adressé à l’exécutif dirigé par Pedro Sánchez pour « cesser d’instrumentaliser la question sahraouie dans des opérations de contreparties et de compensations honteuses avec l’occupant ».

Elle appelle également Madrid à « adhérer aux préceptes du droit international, qui consacre à la fois le droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination et le respect des frontières internationalement reconnues de son territoire ».

Lire aussi:  L'Écosse lève plusieurs restrictions liées à la pandémie, notamment le port du masque

Le Front Polisario rappelle également au gouvernement espagnol les « responsabilités » et les « engagements de caractère irrévocable » de l’Etat espagnol envers le peuple sahraoui et l’ONU en sa qualité de « puissance administrante du territoire » après le processus frustré de décolonisation.

REMERCIEMENTS AU CONGRÈS

Le communiqué exprime également ses « remerciements les plus sincères » aux forces politiques qui ont condamné la semaine dernière le virage pro-marocain du gouvernement au Congrès des députés. « C’est un mouvement large et transversal de solidarité avec notre cause légitime » qui a « vertement » exhorté le gouvernement à « revenir sur la voie de la légalité internationale au Sahara occidental et à exiger le respect du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui ».

En réponse à l’annonce de la suspension des relations par le Front Polisario, le ministère des Affaires étrangères, de l’Union européenne et de la Coopération a souligné qu' »il gardera toujours ouverts tous les canaux de dialogue » avec le Polisario, selon des sources de ce département.

Ces sources assurent que le ministère a appris la nouvelle par les médias, soulignant que « l’Espagne considère que le dialogue est la meilleure façon d’aborder les différences et qu’elle gardera toujours ouvertes toutes les voies du dialogue ».

Lire aussi:  La Russie espère s'entendre "tôt ou tard" avec l'Ukraine sur la reconnaissance de l'annexion de la Crimée

L’annonce de la suspension des contacts avec le gouvernement intervient après que l’Algérie a retiré son ambassadeur à Madrid, suspendu le rapatriement des migrants en situation irrégulière et annoncé une révision du prix du gaz exporté vers l’Espagne.

L’ancienne colonie espagnole du Sahara occidental a été occupée par le Maroc en 1975 lors de la Marche verte, à la suite d’un accord de cession signé avec Madrid et malgré la résistance du Front Polisario, qui a proclamé l’indépendance de la République arabe sahraouie démocratique (RASD).

Le cessez-le-feu de 1991 a été signé par le Maroc et le Polisario en vue de l’organisation d’un référendum d’autodétermination, mais des divergences sur l’établissement du recensement et l’inclusion ou non des colons marocains ont jusqu’à présent empêché sa tenue.

En outre, le Polisario a demandé l’arrêt du cessez-le-feu de 1992 à la suite de l’expulsion des militants sahraouis du poste frontière avec la Mauritanie à Guerguerat par les forces militaires marocaines en novembre 2020. Rabat considère la zone située entre le poste et la frontière mauritanienne comme un « no man’s land », tandis que le Front Polisario la considère comme son propre territoire.

658161.1.260.149.20220410024734

Vidéo de l'actualité

Article précédentLa police ouvre une enquête sur l’incident de Cristiano Ronaldo avec un fan d’Everton
Article suivantLa fédération allemande soutient la création d’un fonds pour les victimes du chantier de la Coupe du monde au Qatar.