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Le ministère turc de la Justice approuve le transfert de l’affaire Khashogi en Arabie saoudite

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PARIS, 2 avr. (Bénin Actu) –

Le ministère turc de la Justice a approuvé le transfert de l’acte d’accusation des suspects dans l’affaire du meurtre du journaliste Yamal Khashogi vers la juridiction de l’Arabie saoudite, précisément le pays dont les autorités sont accusées d’avoir orchestré la mort du reporter, selon une déclaration officielle rapportée par le portail d’information Diken.

Le ministère se conforme ainsi à ce qui a été annoncé vendredi par le chef du ministère, Bekir Bozdag, qui a déclaré que la Turquie peut décider ultérieurement de rouvrir le dossier si elle estime que les conclusions de la justice saoudienne ne sont pas satisfaisantes, notamment en cas de disculpation.

Le ministère entérine également la demande d’un procureur turc qui a exigé jeudi de classer la procédure judiciaire ouverte dans le pays en lien avec le meurtre de Khashogi en 2018, car les accusés sont des étrangers et se trouvent hors du pays.

Le ministère public turc avait précédemment requis la prison à vie pour les 26 accusés et demandé leur extradition de Riyad. Le processus judiciaire en Arabie saoudite s’est achevé en septembre 2020 lorsque, à l’issue de la procédure d’appel, huit personnes ont été condamnées à des peines de prison, réduisant ainsi la peine de mort prononcée en décembre 2019 à l’encontre de cinq d’entre elles.

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Saud al-Qahtani, ancien conseiller du prince héritier Mohammed bin Salman et l’un des principaux suspects, a été libéré faute de preuves. De même, le « numéro deux » des services de renseignement saoudiens, Ahmed al Asiri, et le consul général saoudien à Istanbul au moment du crime, Mohamed al Otaibi, ont été disculpés.

Khashogi, un journaliste critique à l’égard de la maison royale saoudienne et qui travaillait pour le « Washington Post », a disparu le 2 octobre 2018 après s’être rendu au consulat saoudien à Istanbul pour obtenir des documents afin de pouvoir épouser Cengiz. Là, il a été assassiné et démembré, mais ses restes n’ont pas été retrouvés.

La compagne de Khashogi, Hatice Cengiz, a déploré que cette passation de pouvoirs « soit un cas clair démontrant le dilemme auquel l’humanité est confrontée à l’ère moderne, entre vivre en tant qu’êtres humains vertueux ou construire une vie en privilégiant les intérêts matériels sur toutes les autres valeurs ».

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« Ce système, qui place les intérêts matériels au-dessus de tout, finira par exploser, car il va à l’encontre de la nature humaine. C’est une question qui devrait nous concerner tous », a-t-il conclu.

Dans ce contexte, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a souligné jeudi que des progrès étaient réalisés dans la normalisation des relations bilatérales. « Nous n’avons pas d’attitude négative envers l’Arabie saoudite en termes de normalisation des relations, qu’elles soient commerciales, économiques ou politiques », a-t-il déclaré à la télévision A Haber.

« Je peux dire que des mesures concrètes seront prises sur cette question dans la période à venir », a-t-il déclaré, tout en soulignant que des progrès ont été réalisés en matière de coopération entre les institutions judiciaires des deux pays, malgré le refus de Riyad de coopérer dans des affaires telles que celle de Khashogi, comme le rapporte l’agence de presse étatique turque Anatolia.

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