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Le populisme d’Europe centrale devrait subir un coup dur lors des élections slovènes de dimanche.

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Un nouveau mouvement d’opposition secoue le premier ministre controversé et affaibli Janez Jansa.

PARIS, 24 avr. (Bénin Actu) –

Le premier ministre slovène, Janez Jansa, est confronté à la réelle possibilité de perdre le pouvoir lors des élections législatives de dimanche au profit d’un nouveau mouvement d’opposition qui a servi, tout au long de la campagne électorale, de chambre d’écho aux critiques de la corruption et de l’autoritarisme qui ont accompagné le président pendant la majeure partie de sa longue carrière politique, et qui ont progressivement érodé son mandat ces derniers mois.

Âgé de 63 ans, M. Jansa est entré dans l’histoire de la Slovénie avant même l’indépendance de la Yougoslavie en juin 1990, au cours du précédent processus de démocratisation nationale qui a fait de lui le moteur de la constitution du pays. Jansa, ministre de la défense pendant le bref conflit armé qui a conduit à la séparation du pays, a entamé une carrière politique marquée par deux aspects fondamentaux : l’extrémisme de son discours politique et ses problèmes avec la loi.

Cette dernière est devenue évidente au cours des années suivantes, à commencer par sa décennie suivante dans l’opposition, où il a combiné un engagement en faveur de l’intégration dans l’Union européenne avec une défense acharnée des valeurs traditionnelles du pays. Cette plateforme l’a amené au pouvoir pour la première fois en 2004, à la tête du Parti démocratique (SDS), le premier de ses trois mandats. Son deuxième mandat, en 2012, a été marqué par un scandale de corruption qui a culminé avec une condamnation à une peine de prison en 2013 pour avoir tenté de prendre une commission sur un contrat d’armement – l' »affaire Patria » -, finalement annulée deux ans plus tard par la Cour constitutionnelle au motif que ses droits avaient été violés pendant la procédure.

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Le troisième mandat de M. Jansa, qui a débuté en mars 2020, a présenté un homme politique proche, mais pas entièrement apparenté, au populisme eurosceptique défendu par d’autres dirigeants tels que le Premier ministre hongrois Viktor Orbán et le Serbe Aleksandar Vucic. Si Jansa s’est montré plus proche de Bruxelles que ses deux collègues, il n’a pas hésité à accuser des collègues députés européens d’appartenir à des mouvements conspirationnistes mondialistes, a défendu la figure de l’ancien président américain Donald Trump, et a rejeté les accusations des institutions européennes qui l’ont pointé du doigt pour avoir fait pression sur les médias du pays ou attaqué l’indépendance de la justice.

Toutes ces critiques, ajoutées à celles formulées dans son propre pays pour sa gestion de la pandémie, ont fini par germer dans une motion de censure déposée l’année dernière contre le président. Jansa a survécu de justesse : il a manqué six voix pour que la motion aboutisse. Douze mois plus tard, l’opposition à Jansa, loin de s’estomper, est plus forte que jamais sous la forme du « Mouvement pour la liberté », dirigé par Robert Golob.

AU COUDE À COUDE DANS LES SONDAGES

M. Golob, ancien président de l’entreprise publique d’énergie Gen-I, a pris les rênes d’un petit parti pro-environnemental sans représentation parlementaire en janvier de cette année, qui a fini par obtenir un énorme soutien au sein de l’opposition de centre-gauche et par détourner l’attention de la guerre en Ukraine (les deux adversaires ont déclaré leur soutien à Kiev face à l’invasion russe) pour transformer ce vote en plébiscite sur la figure de proue affaiblie de Jansa.

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Son programme, qui considère ces élections comme un « référendum sur la démocratie », prône la transparence politique et propose d’accroître les investissements dans les énergies renouvelables, lui a valu un tel soutien politique que même une défaite électorale ne diminuerait pas ses chances d’arriver au pouvoir : selon les sondages, six partis pourraient se retrouver au Parlement ce dimanche, dont certains pourraient jouer un rôle crucial en décidant en coulisses de ce qui ne sera pas obtenu dans les urnes.

Les sondages pourraient difficilement être plus proches. Le parti de M. Jansa devance le Mouvement de 0,1 % dans les intentions de vote, selon un sondage publié mardi par le quotidien « Dnevnik », mais ce dernier jouit d’un fort pouvoir d’attraction auprès de la population encore indécise, qui représente un quart des personnes interrogées, a déclaré à Bloomberg l’analyste Andraz Zorko, du groupe de réflexion Valicon.

Pour l’analyste, le taux de participation sera crucial. Un taux de participation élevé favorisera le Mouvement de Golob, et toutes les estimations semblent aller dans ce sens : un minimum de 60 % est attendu, soit dix points de plus que lors des dernières élections en 2018.

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