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Les électeurs indécis sont la clé de l’élection du président du Costa Rica entre deux candidats au coude à coude dans les sondages.

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Les électeurs indécis représentent près de 20 % de l’électorat, soit près de deux points de plus qu’il y a une semaine.

Figueres se présente comme un candidat expérimenté, tandis que Chaves se nourrit du mécontentement populaire.

PARIS, 3 avr. (Bénin Actu) –

Plus de 3,5 millions de Costariciens sont appelés aux urnes ce dimanche pour élire un président au second tour, aucun des candidats n’ayant obtenu au moins 40 % des voix pour l’emporter au premier tour. Capter le vote indécis sera crucial pour deux candidats, José María Figueres et Rodrigo Chaves, qui sont à égalité dans les sondages.

Mme Figueres, ancienne présidente du Costa Rica et candidate du Parti de la libération nationale (PLN) de centre-gauche, a remporté le premier tour avec un peu plus de 27 % des voix, après avoir été la favorite dans les sondages préélectoraux. Il affronte Chaves, du Partido Progreso Social Democrático (PPSD), parti de centre et de conservateur social, qui a obtenu 16,7 % des voix.

Le dernier sondage du Centre de recherche et d’études politiques (CIEP) de l’Université du Costa Rica (UCR), publié mardi, révèle que les deux candidats restent techniquement à égalité. Chaves a 41,4 % de soutien, tandis que Figueres en a 38 %. Les pourcentages ont à peine changé depuis le précédent sondage, où Chaves avait 43,3 % et Figueres 38,1 %. L’égalité est due à la marge d’erreur du sondage, mais l’écart entre les deux candidats est désormais plus faible.

Felipe Alpízar, professeur à l’université du Costa Rica, trouve « intéressant » que Chaves devance Figueres dans les sondages, étant donné que le candidat du PLN a gagné au premier tour des élections. Alpízar souligne dans une analyse pour Casa de América que les deux candidats ont bénéficié d’un soutien « différencié » dans les sondages, et que le candidat du PPSD devançait Figueres de près de 15 points dans les premiers sondages réalisés après le jour du scrutin, le 7 février.

Une autre circonstance à prendre en compte est que le Costa Rica présente « un écart très important » entre le premier et le second tour des élections, selon Ilka Tremiño, directrice de la Faculté latino-américaine des sciences sociales (FLACSO) au Costa Rica, dans la même analyse. Cette grande marge entre les deux élections « permet une longue campagne et des événements qui génèrent des tendances dans les sondages », a ajouté M. Tremiño.

L’expert explique que l’électeur favorable à Chaves est de sexe masculin et se répartit de manière similaire entre les groupes d’âge. Dans le cas de Figueres, il bénéficie d’une plus grande proportion de soutien parmi les Costariciens plus âgés.

Dans ce contexte, les indécis détiennent la clé de la victoire électorale de l’un des deux candidats et constituent un pourcentage important de l’électorat costaricien. Selon l’enquête du CIEP, les électeurs indécis représentent actuellement 18,1 % de l’électorat. C’est presque deux points de plus que dans le sondage précédent, publié une semaine plus tôt.

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Selon M. Alpízar, les pourcentages les plus élevés d’électeurs indécis sont les femmes, les jeunes et les personnes vivant dans la région de la Central Valley, où se trouve la grande région métropolitaine. Il s’agit de la région la plus développée du Costa Rica, où se déroulent les activités les plus importantes du pays.

« En ce moment, les campagnes ciblent les indécis », explique Tremiño. Pour sa part, M. Alpízar souligne que, dans les derniers jours de la campagne électorale, la participation de Chaves et de Figueres aux débats électoraux définira l’orientation du vote des indécis. « De toute façon, le vote au Costa Rica se décide de plus en plus souvent en fin de campagne, et il faut s’attendre à ce que certains attendent le week-end ou le moment où ils seront devant le bulletin de vote pour se décider », ajoute-t-il.

EXPÉRIENCE, CHANGEMENT ET MÉCONTENTEMENT POPULAIRE

Chaves et Figueres se sont affrontés jeudi soir lors de leur dernier débat, diffusé sur le réseau Teletica, et tous deux ont utilisé leur dernier message pour s’adresser aux femmes, aux chômeurs et aux jeunes.

Le candidat du PPSD a notamment promis que, s’il était élu, il « redonnerait espoir » aux chômeurs, aux jeunes inquiets pour leur avenir et aux entrepreneurs. Il a également garanti qu’il ferait baisser le coût de la vie au Costa Rica et qu’il lutterait contre la corruption.

Pour sa part, le candidat du PLN s’est adressé spécifiquement aux femmes et aux jeunes, auxquels il a promis de les considérer comme une priorité et de leur garantir des droits et des possibilités d’emploi. « Je peux comprendre que certaines personnes ne veuillent pas voter pour moi. Cependant, je pense que nous aimons tous le Costa Rica », a-t-il déclaré, comme le rapporte le journal costaricien « La Nación ».

Les deux candidats à la présidence se sont présentés comme ils l’ont fait tout au long de la campagne électorale : Chaves promettant de « mettre fin à l’argolla » qui a régi le pays ces dernières années et Figueres vantant son expérience en matière de gouvernement.

« Chaves se présente comme un candidat du changement, il se nourrit en quelque sorte du mécontentement des citoyens », explique Alpízar, qui pointe également du doigt les personnes « en colère » contre la politique et les institutions traditionnelles. Il est le candidat d’un parti nouvellement créé, avec peu d’expérience en politique, ayant été fonctionnaire à la Banque mondiale, bien qu’il ait également été ministre des finances pendant une courte période dans le gouvernement actuel.

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Mme Figueres, quant à elle, est la candidate d’un parti « de longue tradition historique qui a gouverné à plusieurs reprises », affirme le professeur costaricien, qui souligne qu’il représente « la politique traditionnelle et les institutions de longue date » du Costa Rica. Ainsi, « il a fondé son discours sur son expérience et sa capacité de leadership », ajoute-t-il.

Toutefois, selon M. Tremiño, il est important de mentionner que les deux candidats ont des « faits controversés » auxquels ils ont dû faire face dans leurs campagnes respectives.

M. Chaves a été dénoncé pour harcèlement sexuel par des collègues et subordonnées féminines à la Banque mondiale, ce qui l’a finalement contraint à démissionner de son poste. Ces rapports ont été rendus publics dans le pays d’Amérique latine pendant la campagne, mais M. Tremiño note que cela « ne semble pas avoir pesé sur sa popularité ». Elle cite des sondages dans lesquels 40 % des personnes interrogées indiquent que soit le sujet ne les concerne pas, soit elles ne le croient pas.

Entre-temps, M. Figueres fait l’objet d’accusations de corruption au cours de son précédent gouvernement, mais les crimes présumés sont déjà prescrits car il ne les a pas affrontés au Costa Rica, étant parti vivre à l’étranger.

L’INÉGALITÉ ENTRE LES « TICOS ».

La vérité est que le Costa Rica, bien qu’il s’agisse d’un pays à revenu moyen offrant de bonnes conditions de vie à une grande partie de sa population, présente également une inégalité « énorme », selon les termes d’Alpízar, qui nous assure qu’elle est « croissante ».

« De larges secteurs de la population ne se sentent pas concernés par la croissance économique du tourisme », par exemple, ce qui a généré « un énorme mécontentement » vis-à-vis de la politique, selon le professeur. « Ce sont des gens qui vivent dans la pauvreté, ils n’ont pas grand-chose à perdre (…) ils ont le sentiment que l’État n’atteint pas leurs communautés », ajoute-t-il.

Bien que Chaves pêche dans ces eaux, les deux candidats attachent de l’importance à l’économie. Ce qui est remarquable, c’est que sur les questions économiques ou macroéconomiques, les deux sont « assez conservateurs », selon M. Tremiño.

Les questions économiques sont au centre des préoccupations des Costariciens. Par exemple, la pandémie de COVID-19 a fait augmenter le taux de chômage dans le pays et, en fait, le chômage est la principale préoccupation des « ticos » âgés de 18 à 35 ans, qui représentent 38 % de l’électorat.

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