Accueil L'International Les grands obstacles au contrôle des armes à feu aux États-Unis

Les grands obstacles au contrôle des armes à feu aux États-Unis

67
0

PARIS, le 25 mai (Bénin Actu) –

La fusillade survenue mardi dans une école primaire d’Uvalde, au Texas, qui a tué 19 enfants et deux adultes, a relancé le débat sur le contrôle des armes à feu aux États-Unis. Cependant, la revendication d’un large secteur du droit de porter des armes, tant en termes d’idiosyncrasie qu’en termes juridiques, entrave toute limitation.

L’ancien président Barack Obama a déjà particulièrement insisté durant son mandat sur la nécessité de limiter l’accès aux armes à feu, notamment pour les individus potentiellement dangereux, avec des discours symboliques comme celui qu’il a prononcé, les larmes aux yeux, après la fusillade de l’école Sandy Hook en 2012.

« Quand, au nom de Dieu, allons-nous nous opposer au lobby des armes à feu ? », a également imploré avec émotion l’actuel président, Joe Biden, mardi soir, en faveur de la transformation de la « douleur » en « action » pour adopter des mesures qui, selon lui, relèvent du « bon sens ».

Le grand lobby pro-armes est la National Rifle Association (NRA), mais il n’est pas le seul. Sur le plan politique, il bénéficie d’un soutien principalement au sein du Parti républicain et a regagné une partie du terrain qu’il avait perdu pendant le passage de Donald Trump à la Maison Blanche.

Les opposants à d’éventuelles restrictions invoquent le deuxième amendement de la Constitution : « Une milice bien ordonnée étant nécessaire à la sécurité d’un État libre, le droit du peuple de garder et de porter des armes ne sera pas enfreint ». Pour l’abolir ou le modifier, il faut remplir des conditions difficiles.

Lire aussi:  Shanghai vise le zéro cas de COVID-19 d'ici la mi-mai

Ainsi, toute modification du texte adopté en 1788 — auquel le deuxième amendement a été ajouté en 1789 — nécessite le soutien des deux tiers des membres des deux chambres du Congrès, ainsi que des trois quarts des États du pays (38). Une deuxième option, jusqu’à présent inédite dans l’histoire des États-Unis, consiste pour deux tiers des États à convoquer une convention constitutionnelle.

L’ÉVÉNEMENT JURIDIQUE MARQUANT DE 2008

L’année 2008 a marqué un tournant dans les arguments de ceux qui défendent le droit de porter des armes. Jusqu’alors, il était entendu que les citoyens ne disposaient pas d’un droit individuel en tant que tel, mais qu’il appartenait aux autorités locales, étatiques et fédérales de réglementer cet aspect.

Cependant, tout a changé avec l’arrêt de la Cour suprême dans l’affaire « District of Columbia v. Heller ». Heller avait contesté la constitutionnalité de l’interdiction de la possession d’armes à feu à Washington, considérée comme la plus restrictive du pays, et les juges de la Cour suprême ont confirmé le droit individuel.


Lire aussi:  Le Hezbollah s'engage à respecter le résultat des élections législatives et à "tendre la main à tous" les groupes.

« Le deuxième amendement protège le droit d’un individu de posséder une arme à feu, même s’il n’est pas au service d’une milice, et d’utiliser cette arme à des fins traditionnellement légales, telles que l’autodéfense à son domicile », ont déclaré les juges.

DIVISION SOCIALE

Le plaidoyer en faveur du port d’armes est particulièrement ancré dans les États du sud des États-Unis, tandis qu’au niveau national, la population reste divisée. Le dernier sondage du cabinet Gallup (octobre 2021) montre que 52 % des citoyens réclament des lois plus strictes, contre 35 % qui préconisent le maintien des lois actuelles et 11 % qui demandent qu’elles soient encore plus laxistes.

À ce jour, on ne sait même pas combien d’armes à feu il y a aux États-Unis aujourd’hui, les estimations variant entre 270 et 310 millions. Selon les enquêtes de Gallup, 42 % des Américains possèdent une arme à feu dans leur propre maison.

En ce qui concerne la possession d’armes à feu, les sondeurs s’accordent à dire que la plupart des propriétaires d’armes sont des hommes – trois sur quatre, selon le Pew Research Center – et des Blancs – plus de 80 % – ce qui fait que ce groupe est presque deux fois plus susceptible de posséder une arme que la population américaine dans son ensemble.

Article précédentToril : « Vous êtes injuste si vous nous mettez au même niveau que le Barça ».
Article suivantAndroid 13 prend en charge le système de fichiers EROFS optimisé de Huawei