Accueil Santé & Bien-être Pourquoi le regard d’un chiot est-il irrésistible à nos yeux ?

Pourquoi le regard d’un chiot est-il irrésistible à nos yeux ?

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PARIS, 6 avr. (Bénin Actu) –

Une nouvelle étude révèle des caractéristiques anatomiques clés qui pourraient expliquer pourquoi le visage des chiens est si attirant et le regard des chiots irrésistible pour leurs maîtres. Les résultats suggèrent que l’homme a contribué à la capacité des chiens à former des expressions faciales grâce à des milliers d’années d’élevage sélectif.

Les chiens se distinguent des autres mammifères par leur lien réciproque avec les humains, qui se manifeste par un regard mutuel, ce que nous n’observons pas entre les humains et les autres mammifères domestiqués, tels que les chevaux ou les chats », explique Anne Burrows, PhD, professeur au département de physiothérapie de la Rangos School of Health Sciences de l’université Duquesne aux États-Unis, auteur principal de l’étude. Nos résultats préliminaires permettent de mieux comprendre le rôle des expressions faciales dans les interactions et la communication entre chiens et humains.

Les recherches, présentées lors de la réunion annuelle de l’Association américaine des anatomistes dans le cadre du congrès Experimental Biology (EB) 2022 à Philadelphie, suggèrent que les différences de musculature faciale entre les loups et les chiens laissent penser que les expressions faciales ont joué un rôle dans l’élevage sélectif et la domestication des chiens.

Les chiens et les loups sont étroitement liés. Bien que la date exacte ne soit pas claire, les scientifiques estiment que les deux espèces ont divergé génétiquement il y a environ 33 000 ans, lorsque l’homme a commencé à élever sélectivement des loups, la première espèce à être domestiquée.

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La nouvelle étude porte sur l’anatomie des petits muscles utilisés pour former les expressions faciales, appelés muscles mimétiques. Chez l’homme, ces muscles sont dominés par des fibres myosines à « contraction rapide » qui se contractent rapidement, mais se fatiguent aussi vite, ce qui explique que nous pouvons former des expressions faciales rapidement mais ne pas les maintenir longtemps. Les cellules musculaires contenant plus de fibres à contraction lente sont plus efficaces pour les mouvements longs et contrôlés et ne se fatiguent pas aussi rapidement.

Pour cette étude, les chercheurs ont comparé les fibres de myosine dans des échantillons de muscles faciaux de loups et de chiens domestiques. Les résultats ont révélé que, comme les humains, les chiens et les loups ont des muscles faciaux dans lesquels les fibres à contraction rapide prédominent, mais que les loups ont un pourcentage plus élevé de fibres à contraction lente par rapport aux chiens.

« Ces différences suggèrent que le fait d’avoir des fibres musculaires plus rapides contribue à la capacité d’un chien à communiquer efficacement avec les gens », déclare Burrows. Tout au long du processus de domestication, l’homme a pu sélectionner des chiens en fonction d’expressions faciales similaires aux siennes et, au fil du temps, les muscles des chiens ont pu évoluer pour devenir plus « rapides », ce qui a favorisé la communication entre chiens et humains.

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Le fait de disposer d’un plus grand nombre de fibres à contraction rapide permet une plus grande mobilité du visage et des mouvements musculaires plus rapides, ce qui permet d’effectuer de petits mouvements comme le haussement des sourcils et les contractions musculaires courtes et puissantes qui se produisent lors de l’aboiement. Les fibres à contraction lente, en revanche, sont importantes pour les mouvements musculaires prolongés, tels que ceux effectués par les loups lorsqu’ils hurlent.

Lors de recherches précédentes, l’équipe a découvert que les chiens possèdent un muscle mimétique supplémentaire, absent chez les loups, qui contribue à l’expression « yeux de chiot ».

Les scientifiques notent que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer leurs nouveaux résultats avec des colorations d’anticorps appropriées pour différencier les autres types de fibres de myosine, ce qui pourrait apporter un nouvel éclairage sur les différences anatomiques entre les chiens et les loups.

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