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Preuve que l’élimination de l’hépatite C par des antiviraux complique la prise en charge des patients co-infectés par le VIH

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PARIS, 28 juill. (Bénin Actu) –

L’élimination du virus de l’hépatite C (VHC) par des antiviraux à action directe ne réduit pas le réservoir viral ni la restructuration génétique du virus, ce qui peut compliquer la prise en charge des patients co-infectés par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), selon une étude réalisée par des scientifiques de l’Institut de santé Carlos III (ISCIII).

L’étude, publiée dans le Journal of Clinical Medicine, a impliqué des chercheurs du Laboratoire de l’hépatite et du Laboratoire du VIH du Centre national de microbiologie de l’ISCIII, en collaboration avec des scientifiques du groupe multidisciplinaire sur la coinfection par le VIH et l’hépatite virale (COVIHEP) des hôpitaux La Paz, Doce de Octubre, Infanta Leonor et La Princesa, tous situés à Madrid ; l’Institut national de recherche et de technologie agricoles (INIA) et l’Université de Lisbonne.

L’étude a analysé les données de 22 personnes séropositives non infectées par le VHC, de 17 patients séropositifs qui ont spontanément surmonté l’infection par le VHC et de 24 personnes séropositives/VHC+ infectées de façon chronique qui ont éliminé le VHC grâce à l’action de ces médicaments.

Les résultats confirment que les antiviraux à action directe, qui ont constitué une révolution dans le traitement de l’hépatite C ces dernières années, éliminent le VHC mais ne parviennent pas à inverser deux processus associés à l’infection : la taille accrue du réservoir du virus et le processus d’épissage viral, qui restructure son matériel génétique.

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Ces deux processus, qui semblent considérablement accrus avant que les médicaments ne parviennent à éliminer le VHC et qui pourraient indiquer que la protéine Tat est synthétisée plus activement, pourraient être liés à un risque accru de réactivation rapide du réservoir du VIH.
Cela compliquerait l’élimination du réservoir viral et la prise en charge des personnes vivant avec une co-infection par le VHC et le VIH.

Le virus VIH appartient à la famille des rétrovirus, un type de virus à ARN capable d’effectuer un processus appelé rétrotranscription génétique, qui permet la conversion de l’ARN en ADN.
Le VIH intègre son génome dans les lymphocytes T CD4+, les cellules immunitaires qu’il infecte, en les colonisant et en les détruisant progressivement, d’où la possibilité de développer le SIDA, une immunodéficience qui provoque d’autres infections comme l’hépatite C.

Le VHC, quant à lui, appartient à la famille des flavivirus et infecte les cellules du foie, les hépatocytes, provoquant leur destruction. Avec le temps, la propagation de cette infection entraîne une hépatite, une fibrose et une cirrhose, qui peuvent conduire à un cancer du foie ou à une décompensation hépatique chez certains patients. La co-infection par les deux virus touche jusqu’à 25 % de tous les patients séropositifs dans certains pays et est généralement associée à une infection due à la consommation de drogues par voie intraveineuse.

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Cette recherche, qui vient d’être publiée, apporte un nouvel éclairage sur l’impact de la clairance du virus de l’hépatite C sur la taille du réservoir et la transcription du provirus intégré du VIH chez les patients séropositifs.

« Ces travaux suggèrent que l’élimination du VHC par des médicaments antiviraux à action directe semble incapable d’inverser les conséquences de l’infection chronique par le VHC, caractérisée par les processus susmentionnés d’élargissement du réservoir et d’épissage viral, ce qui peut indiquer un risque accru de réactivation rapide du réservoir du VIH », conclut Verónica Briz, chercheuse au CNM-ISCIII.

Ainsi, l’élimination du réservoir de VIH chez les personnes vivant avec le VIH et co-infectées par le VHC pourrait être entravée, ce qui obligerait à rechercher de nouvelles approches thérapeutiques pour le gérer.

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